Un site dédié à l'acteur japonais Matsuda Shota, ses dramas et ses films. Traduction de dramas et films japonais.
Hier soir était diffusé en début de soirée sur France 4 Black Rain, un film de Ridley Scot datant de 1989.
Pur polar des années 80, il met en scène Nick Conklin, un policier new-yorkais brutal, caractériel et cynique, père de famille divorcé de surcroit. Estimé par ses collègues et policier à la redoutable efficacité, il est toutefois soupçonné - à raison – d’avoir détourné à son propre usage de l'argent d'un trafic de drogue. Avec Charlie, son jeune partenaire, Nick assiste par hasard à une guerre de gang entre des yakuzas japonais dans un restaurant et au meurtre de deux d’entre eux. Nick parvient à arrêter un certain Sato, l'un des assassins. Il est chargé avec Charlie de son extradition. Mais dès leur arrivée à Osaka, ils se font berner par des faux policiers, complices de Sato, qui l’aide à s’échapper. Nick jure alors de ne pas quitter le Japon avant d'avoir retrouvé le truand...
Le casting du côté américain est irréprochable (les deux policiers sont incarnés par Michael Douglas et Andy Garcia) mais surtout, et ce qui nous intéresse, Sato est interpreté par…Yûsaku Matsuda, le père de Shota.
Il s’agit même là de son dernier film, déjà atteint gravement par un cancer de la vessie lors du tournage. Véritable chant du cygne de cette star japonaise, il terminera précocément sa carrière avec ce film américain qu’il attendait depuis si longtemps.
« Le tournage de Black Rain, qui commence le 28 octobre 1988, est assez éprouvant ; les équipes japonaise et américaine ne fonctionnent pas de la même manière, des membres de l’équipe sont remplacés en cours de tournage, les voyages incessants -Osaka, New-York, Los-Angeles, Hong-Kong-... Malgré tout, Yusaku est fier de participer à un film américain, qui plus est avec Ken Takakura et, plus étonnamment avec Andy Garcia avec lequel il se lie d’une très forte amitié ; "[...] Andy va devenir un très grand acteur[...] Il me comprend. C’est mon meilleur ami.". »
(source : site Sancho does Asia http://www.sancho-asia.com/)
Il s’agira aussi de l'une des dernières apparitions de l'immense Wakayama Tomisaburo (qui joue l’inspecteur Matsumoto, le confrère japonais qui aidera Nick jusqu’au bout de sa promesse).
Un film à voir pour la présence de Matsuda père donc, mais aussi pour son atmosphère dans une Osaka sombre et suintante et l’opposition (certes un peu manichéenne à première vue) entre deux cultures qui semblent hermétiques l’une à l’autre. Ridley Scott glisse au passage quelques messages à travers la bouche d'un personnage japonais du film qui explique que ce sont les occidentaux qui ont créés des monstres comme Sato, modèle même du criminel japonais qui a fini par se modeler à la pensée occidentale, piétinant toute notion de respect de la hiérarchie, d'humilité, d'honneur, de soumission chère aux yakuzas… et une évocation des ravages de la bombe atomique de 1945, d'où le titre du film.
Shohei Imamura est l'auteur d'un film homonyme (kuroi ame 黒い雨) datant de 1989 et traitant de cet épisode historique : Hiroshima, le 6 août 1945.
Le phénomène de pluie noire a en effet été observé quelques minutes après le bombardement atomique d'Hiroshima par les survivants, il s'agit des retombées de la bombe et ceux qui la recevront seront, sans le savoir, irradiés.
Ridley Scott nous donnerait-il là sa vision des retombées néfastes de la culture américaine sur le Japon ? La honte d'avoir engendré des monstres tel que Sato n'est-elle pas plus forte que celle des irradiés ?